Quelques mots sur les enfants particuliers

J’ai la chance d’avoir travaillé avec des enfants. Ils n’étaient pas tout à fait comme les autres. On pourrait les appeler les enfants particuliers. Ce dont je me souviens avant tout, c’est l’amour qu’ils donnaient, sans retenue, sans pudeur. Ce récit de quelques lignes est une ode à ces enfants différents, qui me manquent parfois.

Ces enfants différents

Ces enfants différents. Je les vois encore, hurlant parfois, souriant souvent, me demander de leur courir après, s’approcher pour me tenir la main. Aujourd’hui c’était la dernière fois que je les voyais, la dernière fois que je jouais avec eux. Je ne leur ai pas dit. J’ai gardé le secret. Ils ont l’air triste quand je dis que je pars, alors si c’est pour dire adieu…

Ces enfants différents. Je les entends encore. Ils me ressemblent d’une certaine manière. Ils ont leurs faiblesses, leurs bizarreries, ils sont originaux, uniques. Aujourd’hui, un petit qui ne parle presque pas m’a demandé de l’attraper, un autre s’est déshabillé dans la cours et s’est mis à danser.

Ces enfants différents. Je les sens. Leurs pattes sales se posant sur moi. Boue ou nourriture, c’est au choix ! Ce n’est pas très agréable, certes, mais voilà encore d’autres souvenirs ! Et ce soir je souris, les larmes aux yeux.

Ces enfants différents. C’est fou comme on peut s’attacher à eux. En quelques jours seulement, ils faisaient déjà partie de ma vie, leurs fous rires résonnant dans ma tête.

Encore une fois, c’est fini. Je ne reverrai plus ces bouilles d’enfants. Ces visages pleins de terre. Ces caprices aussi. Ils ne me poseront plus de questions. On ne cherchera plus dans les magazines. On ne lira plus des vieux livres en carton. Oui, c’est fini. Les parcours faits de récupération sur la pelouse de la petite cour. On ne comptera plus. On ne jouera plus avec deux petits cochons et quelques bouts de bois.

Encore des souvenirs qui vont se retrouver rangés dans une case, bien au chaud au fond de mon cerveau.
Je n’oublierai pas, eux m’oublieront vite.

C’est ça quand on est gosse.


Vous avez aimé ? Je vous invite à jeter un œil sur la page de mes publications !


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *