Mes lectures : « Les hommes ne lisent pas de romance »

Me voici de nouveau avec un roman de Nico Bally entre les mains. Cette fois, contrairement à Lucie Corvus ou Pipirate, il n’est pas destiné à un public jeunesse. J’ai lu Les hommes ne lisent pas de romance en une journée. Le style fluide et la clarté générale permette une lecture agréable et rapide.

Résumé

Roméo Galli rêve de devenir journaliste criminel. Mais le seul job qu’il parvient à décrocher est la nécrologie de Lady Myrtille, une célèbre romancière qui a écrit une centaine de romances. Trop macho pour avoir déjà ouvert un livre à l’eau de rose, Roméo va devoir s’y plonger sérieusement, surtout qu’il sent que cette mort prétendument naturelle pourrait bien être un meurtre…
Aidé par la charmante petite-nièce de la romancière, hébergé par son père qu’il n’a pas vu depuis vingt ans, coincé entre une éditrice sulfureuse, un vieux grincheux, des jumelles pâtissières et toute la population farfelue du village le plus paumé du monde, Roméo va devoir gérer une enquête tortueuse, une histoire d’amour maladroite et… un lapin et un chat caractériels.

Entre comédie feel-good, romance légère et enquête littéraire, « Les hommes ne lisent pas de romance » rend hommage aux livres les plus méprisés et les plus lus de l’histoire de la Littérature : les romans à l’eau de rose.

Un sujet intéressant

La romance est un genre littéraire dévalué et on ne peut que constater que les hommes en lisent rarement. Dans ce court roman, Nico Bally nous propose une autre vision des histoires d’amour. Il nous montre à quel point elles peuvent être positives dans nos vies. Comme toujours avec cet auteur, la thématique du récit est originale, ce qui est très appréciable !

Un univers et des personnages décalés

D’une certaine manière, Les hommes ne lisent pas de romance m’a fait penser à Pipirate du même auteur. En effet, on retrouve le même aspect décalé, déjanté, bien qu’il soit traité différemment. Ici, pas d’ananas maléfique et de lapin pirate, mais une image hyperbolique de la campagne. Quelques exemples :

  1. La campagne est tellement isolée de la ville que les personnages semblent ne jamais y avoir mis les pieds.
  2. Pour subvenir aux différents besoins du village, les personnages ont plusieurs métiers. On retrouve notamment un fossoyeur-notaire-maître nageur.
  3. Il n’y a qu’une voiture dans le village.

Il me semble évident que cette exagération est volontaire de la part de l’auteur. Dans Pipirate j’ai trouvé que ça fonctionnait bien, car l’univers est lui aussi inventé, pas seulement les personnages, mais ici les personnages évoluent dans un environnement que je connais bien. Pour avoir vécu 18 ans dans la campagne normande, j’ai eu beaucoup de mal à croire à cette histoire…

L’enquête

Les hommes ne lisent pas de romance c’est aussi une enquête, je dirais même deux enquêtes. La première concerne les circonstances de la mort de Lady Myrtille. La seconde, implicite tout au long du récit, est interne. Quelque part le héros se révèle à lui même. Si j’ai beaucoup aimé l’enquête interne, soit la réflexion du personnage sur sa propre vie, j’ai moins aimé l’enquête principale du roman. Tout comme l’univers et les personnages, elle manque pour moi de crédibilité. Je n’en dis pas plus et vous invite à vous faire votre propre avis en lisant ce roman !

Une mise en abîme

C’est, je crois, ce que j’ai préféré du roman : la mise en abîme. Car le thème principal du récit est l’écriture. L’auteur nous parle donc d’une romancière alors qu’il est lui-même écrivain. La réflexion sur l’écriture est très bien intégrée à l’intrigue. Elle permet, en tant que lecteur, de se poser des questions sur les stéréotypes qui pèsent sur le genre de la romance, mais aussi sur l’écriture en général. Ce livre est à sa manière un petit traité de philosophie sur l’écriture. 

 

 

 

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